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BIBLIOGRAPHIE

CATHOLIQUE,

REVUE CRITIQUE

des Ouvrages de Religion, de Philosophie, d'Histoire, de Littérature, d'Éducation, etc.,

destinée

AUX ECCLÉSIASTIQUES, AUX PÈRES ET AUX MÈRES DE FAMILLE,

AUX CHEFS D'INSTITUTION ET DE PENSION DES DEUX SEXES,
AUX BIBLIOTHÈQUES PAROISSIALES, AUX CABINETS DE LECTURE CHRÉTIENS,

ET A TOUTES LES PERSONNES QUI VEULENT CONNAITRE LES BONS LIVRES
ET S'OCCUPER DE LEUR PROPAGATION.

TOME XXVII.

JANVIER A JUIN 1862.

WELLOW

PARIS,

AU BUREAU DE LA BIBLIOGRAPHIE CATHOLIQUE,

RUE DE SÈVRES, 31.

1862

BIBLIOGRAPHIE

CATHOLIQUE.

VINGT-SEPTIÈME VOLUME.

L'ACADÉMIE FRANÇAISE ET LES ACADÉMICIENS.

LE XXXVI® FAUTEUIL.

1. DISCOURS.

M. LE COMTE DE MONTALEMBERT.

3 volumes in-8° de XL-574, 712 et 656 pages (1860), chez Jacques Lecoffre et Cie; - prix: 22 fr. 50 c.

2. ŒUVRES polémiques et diverses. 2 volumes in-8° de 536 et 662 pages (1860), chez le même éditeur; - prix : 15 fr.

3. MÉLANGES d'art et de littérature. - 1 volume in-8° de 576 pages (1861), chez le même éditeur; — prix : 7 fr. 50 c.

4. HISTOIRE de sainte Elisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe, avec un fragment sur saint Anselme. 2 volumes in-8° de 470 et 448 pages (1861), chez le même éditeur; — prix : 15 fr.

Dans ces huit beaux volumes, auxquels il faut ajouter les deux volumes semblables sur les Moines d'Occident (p. 412 de notre t. XXIV), nous avons l'œuvre complète, bien qu'inachevée encore, de M. de Montalembert. Oui, complète, c'est-à-dire qui nous le montre intégralement, homme et écrivain. La tribune lui serait rendue, les circonstances lui multiplieraient les occasions de brochures nouvelles, il étendrait indéfiniment ses études à travers les champs de l'art chrétien et de l'histoire religieuse, qu'il demeurerait toujours l'orateur, le polémiste, l'artiste, l'historien que désormais nous connaissons. Son éloquence, en effet, s'est exercée vingt ans sur toutes les grandes questions religieuses et sociales, dans toutes les arènes parlementaires, sous tous les régimes politiques : il parlerait vingt ans encore, que nous aurions seulement plus de discours, mais le même

orateur. Dans la monographie et l'histoire générale, il aura beau entasser les volumes, l'historien de sainte Elisabeth et des Moines d'Occident ne changera plus sa manière. De même de l'artiste, qui a désormais déployé toutes les richesses de son talent et livré toutes ses grandes vues; de même du polémiste, qui, en s'escrimant à la fois ou tour à tour contre les amis et les adversaires, comme chrétien ou comme homme, dans l'intérêt de sa foi ou de sa politique, de ses convictions ou de ses colères, a mis en jeu tout son arsenal, développé toutes ses ressources stratégiques. — Dès aujourd'hui, nous pouvons donc tracer le portrait de M. de Montalembert, avec l'assurance que si, plus tard. de nouvelles œuvres appellent quelques nouveaux coups de pinceau. rien ne sera plus changé aux traits essentiels de sa physionomie. Physionomie accentuée, une des plus remarquables de ce temps qui en compte si peu, qu'on ne peut regarder, bien moins peindre, avec indifférence, et qui, sympathie ou colère, — l'une et l'autre peut-être.

provoque la passion. Mais, passionné lui-même, parce qu'il est essentiellement orateur, M. de Montalembert souffre volontiers, nous le savons, qu'on se passionne en parlant de lui, pourvu que la passion soit loyale et ne tourne pas à l'injustice. Telle veut être la nôtre, et telle elle sera, s'il plaît à Dieu. D'ailleurs, dans notre admiration pour un grand talent et un noble caractère, pour les plus beaux dons mis au service de la plus belle des causes, dans notre reconnaissance pour de grands services rendus, nous trouverons ou le droit de tout dire. ou l'excuse de ce que nous pourrions, malgré nous, dire de blessant.

Charles Forbes, comte de Montalembert, est issu d'une des plus nobles familles de France, originaire du Poitou. Un de ses ancêtres, André de Montalembert, seigneur d'Essé, se distingua dans les guerres d'Italie, sous Louis XII et François Ier. Plus tard, le généalogiste Chérin écrivait qu'il n'y avait pas de famille dont les preuves de noblesse fussent plus authentiques, Cette famille se distingua toujours par les armes, et le comte Charles pourra dire qu'il est le premier de sa race qui ne soit ni soldat ni marin. Soldat, néanmoins, il le sera toujours, par la plume et par la parole plus que d'autres par l'épée; et par le courage, par l'humeur militante et par l'honneur, il demeurera le fils des croisés. A l'action militaire, son grand-père, mort à Paris en 1800, voulut joindre la théorie, et il a laissé un traité estimé sur l'art des fortifications.

Le comte Charles est né à Londres, le 29 mai 1840. Son père, émigré tout enfant en 1792, avait pris du service dans l'armée anglaise et

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