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guissamment sa tête, tantôt sur l'une 6c tantôt sur l'autre , en réchauffant leur sein de ses larmes. Ces belles Ondines employerent ce qu'elles purent de plus consolant pour calmer sa douleur , ensuite elles lut ôterent le mauvais sarrau de toile dont la méchante Fée l'avoit couverte , pour la revêtir d'une robe de gaze , d'un verd de Mer glacé d'argent, presserent ses cheveux dans leurs mains , qu'elles laiílèrent rctomber en ondes fur son sein; puis s'appercevant, au soulèvement des Ondes, de l'arrivée du Prince Verdoyant, elles se petirerent par respect.

Tramanne íurprise de les voir rentrer dans la Mer, «'apperçut que les flots s'agitóîenc extraordinaircment, & vit s'élever deíTus un char superbe fait en forme de coquille, traîné par huit Dauphins qui paroiflòient bondir fur les Ondes. Ce char s'arrêta vis à-vis de la grotte : alors Tramarine apperçut le jeune Prince qui faisoit depuis si long-tems Tobjet de tous fes desirs , qui en descendit, entra dâjpfcs la grotte, fe mit à fes pieds; & fe saisiísant d'une de ses mains qu'il baisa avec transport, je vous retrouve enfin, lui dit-il, belle Tramarine, & vous jure de ne vous plus abandonner. II est rems de vous apprendre que je fuis le Prince des Ondins, les Etats de mon pere font au fond

de la Mer ; comme je ne puis habiter que les eaux , je n'ai pifvous rejoindre plutôt. Soyez certaine, divine Tramarine , qu'il n'a pas dépendu de moi de vous faire éviter les maux que vous avez foufferts depuis notre union à la fontaine de Pallas; forcé pour-lors de vous abandonner, j'ai partagé vos ennuis fans pouvoir les abréger. Comme iì ne nous est pas permis de nous unir à une Mortelle, j'ai eíluyé bien des contradictions avant de pouvoir déterminer nos Peuples à consentir de vous accorder l'immortalité; & ce n'est qu'en éprouvant votre constance ôc votre diícrétion qu'on vient enfin de m'accorder cette faveur. Le Roi mon pere a exigé qu'on vous fît paílèr par les épreuves les plus humiliantes; il est satisfait de la fermeté que vous avez montrée dans les différentes occasions que la jalousie des Amazones leur a fait exercer fur vous. Me pardon nez-vous , mon adorable Princeíse, les maux que mon amour vous a fait souffrir ; mais vous baissez les yeux & ne répondez rien : est-ce à la, crainte ou à l'amour que vous donnez ce soupir ? Seriez-vous fichée de vous unir à un Gé4nie ? Peut-être, ajouta le Prince Verdoyant, q le le séjour de mon Empire vous effraye 'r U est vrai que jusqu'à présent aucun Mortel n'y est descendu sest&y perdre la vie : mais, Prin

ceste , rassurez-vous, je riens d'obcenir du Roi mon pere, de qui le pouvoir s'étend fur tous les Ondins, qu'en faveur d'une pafiion que je n'ai pu vaincre, vous soyez-admise à l'immortalité, & reçue dans son Empire en qualité de Princeííèdcs Ondins.

Tramarineétoit encore toute émue de la derniere aventure qui venoit de lui arriver; la joie, la crainte & la honte , ces divers mouvemens agi» toient tour-à-tour son ame , & lui oserent la force de ré* pondre au Prince, qui continua ainsi : cependant , belle Tramarine , quoique tout foit prêt pour vous recevoir, & que je fois sur des fentimens favo

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