Imagens das páginas
PDF
ePub

coupe, leur prit les mains qu'il Joignit ensemble , en faiíane prononcer ees paroles au Chevalier:

Je jure par le Soleil -, pere de la Natures
Qui donne la vie & la fécondité:
Par tói aussi, belle Lune , feule Divinité
Qui se plaît dans la nuit obscure;
Toi qui fais naître, fous tes pas ,
La volupté & les plaisirs délicats ,
Enflamme à-jamais le cœur de la Princeste;
Fais qu'elle réponde à ma tendreste 5
Qu'elle ne craigne pas que ma flamme
Ne se ralentisse un jour,
Puisque sans celle le même amour
Régnera pour elle dans mon ame.

; Les Prêtreíses & les Filles du Soleil reprirent en Chœur:

Enflamme à-jamais le coeur de la Piincefle.

Ce qui sot répété plusieurs

fois avec des accompagnemens dont les accords étoient délicieux. La Princesse Amasis ajouta ensuite d'une voix argentine & sonore:

Que les Dieux répandent dans nos coeurs Ces torrens de plaisirs, qui en font les douceurs;

Que mon époux, toujours couvert de gloire,
Soit fans cesse accompagné de la vicìoire ,
Et que l'on célèbre à-jamais son courage
Au-delà des tems & de tous les âges;
Et qu'une union si belle soit, dans l'His-
toire,

Gravée , en lettres d'or, au Temple de
Mémoire.

Ce qui fut encore répété plusieurs fois par les Chœurs. On conduisit ensuite les deux époux , aux sons de mille inftrumens, jusqu'à la porte du //. Part. F

Temple, où lë Chevalier monta, avec la Princesse Amasis , dans un char magnifique, qui sut d'abord enlevé par des Aigles qui les transporterent dans le Palais du Roi.

Le Prince des Ondins, voulant procurer à Tramarine la satisfaction de voir la fin de cette cérémonie, la conduisit avec le Roi de Lydie par un grand canal , dont les eaux , distribuées avec aTt, se répandoient par diíFérens petits canaux dans une grande galerie, pour y former aux deux bouts de délicieuses cascades, où l'on avoit foin de faire couler en même tems des eaux distillées d'odeurs les plus exquises. Ce fut dans une de ces cascades que 1e Génie Verdoyant sit placer Tramarine fie le Roi son, pere4 .

Au milieu de cette galerie étoit un Trône élevé , sur lequel étoit le Roi avec la Princeíle, mere d'Amasis. Ce jour étoit pour elle un jour de triomphe : Jes deux côtés étoient occupés par les autres femmes du Roi 6c par les Princes de son sang. Alors on vit paroître les deux jeunes époux qui, s'avançant d'un air noble , vinrent se mettre à genoux aux pieds du Roi. Après qu'ils les eurent baisés, ce Monarque que la sageflè, la prudence 8c la raison , conduisaient dans toutes ses actions , les ernbraíla l'un 6c l'autre,

prit des mains de la Reine une couronne dont il orna la tête du Chevalier, afin de le rendre, par cette marque de distinction, égal à la Princeíle qui pour-lorsreleva son voile, se montrant pour la premiere fois à son illustre époux 6c à toute la Cour.

Dès qu'Amafis eut relevé le voile épais qui la couvroit, un murmure de voix confuses se fit entendre. Toutes s'éleverent en même tems; les Princes fur-tout se plaignirent hautement qu'on avoit fait un tort considérable à la Princefle Amasis, en distribuant des portraits si diílèmblables d'ellemême, puisque personne ne pouvoit íe refuser à l'admira

« AnteriorContinuar »