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jours le déplorable fort; elle dit néanmoins au Prince qu'elle ne croyoit pas qu'il fût prudent , dans les circonstances où elle se trouvoit , de chercher à aigrir la Reine de Castora , en faisant à-présent des perquisitions qui fans doute deviendroient inutiles ; que le besoin qu'elle avoit de íon secours pour l'aider à reconquérir la Lydie , lui faisoit penser qu'il étoit plus convenable de dissimuler leurs sujets de plainte , juíqu'à ce que je fufle remonté sur le Trône. Ces raisons étoient trop sages pour que le Prince ne s'y rendît pas.

Mais, comme il seroit trop 7 on g de vous rapporter toutes les négociations qu'il fallut employer, afin d'engager mes Alliés de fournir les Troupes néceílàires, il íuffira de vous • apprendre que, malgré les efforts de Pencanaldon qui s'étoit fait haïr de tous mes Peuples par ses cruautés, la Reine rentra dans la Lydie , & je fus enfin délivré de ma captivité.

Ce ne fut qu'après ce grand événement que j'appris vos aventures. Auíïï peu porté à les croire que la Reine, je fus cependant au désespoir d'y avoir contribué par ma sotte crédulité, ou, pour mieux dire , ma sotte vanité à vouloir pénétrer dans les décrets des

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de ma Cour par une injustice* dont j'ai été long-tems puni par mes remords. Je voulus réparer ma faute , en faisant tout ce qui étoit en mon pouvoir pour découvrir votre sort; mais ce que j'en pus apprendre mit le comble à mon désespoir, lorsqu'on vint me dire qu'il n'étoit pas possible d'avoir aucune nouvelle de la Princesse , qu'on présumoit s'être précipitée dans la Mer. Ce doute affreux me fit une si furieuse révolution , qu'après avoir juré la perte de la Reine Pentaphile , je tombai dans une apoplexie qui m'a en un instant conduit ici.

Je ne regrette point une vie qui n'auròit fait que prolonger des maux inévitables,, en me retraçant fans cesse le souvenir de mes fautes. Je me flatte^ au contraire , que les honneurs dont vous jouiílèz. dans cet Empire , par votre heureuíe union avec le Prince des Ondins, doivent vous faire oublier toutes les peines qui les ont précédés , ôt que vous n'en conserverez aucun, ressentiment. Tramarine assura Le Roi son pere qu'il lui rendoit justices que, quoiqu'elle eût íong-tems regretté fa présence , elle n'avoit pas lieu de se plaindre de l'Arrêt rigoureux qu'il avoit prononcé contre elle; & que, pour lui montrer

Îju'elle n'en confervoit aucun òuvenir, elle alloit déformais employer tout son pouvoir à lui faire rendre les honneurs dûs à son rang, 5c lui procurer en même tems toutes les satisfactions qu'il pourroit deírer.

Personne n'ignore que , lorsqu'on a quitté ce corps mortel, tous les rangs font confondus , & qu'il n'y a plus de diftinction parmi les ames, íur-tout dans l'Empire des Ondins. Cependant la Princesse Tramarine obtinîífclu Génie Verdoyant, par une grace singuliere, que le Roi son pere seroit admis à fa Cour, & qu'il y jouiroit des mêmes prérogatives des Ondins. Elle lui demanda aussi qu'il fût diípensé de boire le rhé élémentaire;

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