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posture de Suppliant. Un í,oupir qui échappa à ce Dieu, en lui prenant la main, tira Brillante de son extase; elle rougit te voulut la retirer, mais voyant qu'il la baísoit d'un air tendre & soumis, ion trouble augmenta. Levez-vous, Seigneur , lui dit-elle toute émue , que pouvez - vous attendre d'une jeune personne que le hasard a sait rencontrer dans cette Forêt? Parlez, puis je vous être utile à quelque chose ? Qui vous oblige de descendre de ce beau char, & de quitter les belles Dames dont il est rempli?

C'est pour vous l'ofFrir, répondit l'Amour; & ces Dames , si elles ont le bonheur de vous plaire , font destinées pour vous servir. Souffrez donc, divine Princeíse, que je mette à vos pieds mon carquois & mes flèches; je vous jure que je vais désormais ne m'occuper que du foin de vous flaire, vous feule pouvez faire mon bonheur. Aflèz & trop long-terrfs j'ai régné fur le cœur des foibles Humains, je renonce aujourd'hui à l'empire que j'ai toujours exercé dans le monde; venez, mon adorable Princeíse, jouis du triomp'he que l'Amour pré

fiare à vos charmes. Quoi ! dit a jeune Princeílè d'une voix tremblante, 8c le visage couvert d'un rouge de rose, estil possible que vous soyez l'Amour ? Non, je ne le puis croire, à PafFreux portrait que l'on m'en a fait. Qu'a donc ce nom de si effrayant, reprit ce Dieu ? Oui, fans doute, je fuis

à me cacher comme un séducteur, qui n'a d'autre objet que celui de tromper.

A ces mots , la Princeílè fit un cri, ôc voulut fuir; mais elle n'en eut pas la force, ôc tomba en foibleílè dans les bras de l'Amour. Ce Dieu est: téméraire, il fit signe à Faveur qui accourut d'un pas léger

Î>our secourir Brillante ; mais a Modestie qui l'avoit devancée la fit reculer , & cette Déesle , aidée des Graces , mit tous fes foins à faire re

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venir

venir la Princesse de sa foibleste. L'Amour, qui étoit resté à ses pieds, lui demanda, d'un air passionné, ce qui pouvoit lui avoir causé un fi grand effroi. Que craignez - vous de moi, difoit ce Dieu ? Regardez-moi comme un enfant qui vous adore &c qui vous fera toujours soumis : mon intention ne fera jamais de vous faire du mal, écoutez Faveur, livrez-vous à ses conseils; ce n'est, q^'en les íuivant, que vous jouirez d'un bonheur parfait.

Brillante, attentive aux discours de l'Amour , n'osoit néanmoins jçtter fur lui ses regards timides; &:, repaílànt dans fa mémoire les sages lc//. Part. D

çons qu'elle avoit reçues d'Ar. giliane, inquiette & rêveuse , elle leva sur la Modestie des yeux que la tendreíse 6c le feu de l'Amour paroissoient animer, & soupira sens oser rien dire. L'Amour qui l'examinoit, s'apperçut de son trouble; il ordonna à la Modestie de íe retirer , croyant qu'elle seule s'opposoit à son bonheur. Cet ordre redoubla les craintes de Brillante qui se jetta dans les bras de la Déesses Au nom des Dieux , dit la Princesse saisie de crainte, demeurez & secourez-moi. Hélas ! que deviendrai-je si vous m'abandonnez ? L'Amour n'est qu'un trompeur qui cherche , sens doute, à me séduire; par pi

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