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tié, aidez-moi à le fuir. Qui vous a donc inspiré d'auífî • mauvaises idées de l'Amour, reprit ce Dieu^en colere ? Mais je puis user de mon pouvoir, afin de vous convaincre que je ne cherche point à vous tromper. Arrêtez, dit la jeune Princesse , & se falsifiant de la che qu'il se préparoit à lui décocher, elle la lança avec tant d'adrefíe que ce Dieu en fut

f>ercé ; mais ce coup que reçut 'Amour, loin de lui causer de la douleur, ne servit qu'à augmenter ses feux; ôc, la retirant alors de son sein, encore toute brûlante de sa propre subítance, il la plongea dans celui de Brillante, fans que cette jeune Princesse s'apper

çût d'abord du.crait qui venoit 'de lui être lancé.

La Modestie, qui vit la malice que l'Amour venoit de faire à Brillante , voulut au moins la favoriser de tout íbn pouvoir, afin de rendre leur union éternelle ; elle profita de cet instant favorable pour engáger l'Amour à rappeller la Constance , qu'il avoit depuis Iongtems bannie de fa présence. Çe Dieu , satisfait de ion choix , y consentit sans peine; & afin de guérir entie:. renient les soupçons qui pouvoient rçster dans l'efprit de la Princesie , il permit encore que les Graces êt la Modestie l'accompagnaílent toujours ,1 aux conditioy^ que Faveur fc

jóindroit à ces Déesses. Je ne

Fuis vivre fans elle , ajouta Amour, fa conversation m'amuse , c'est toujours elle qui doit m'entretenir par mille petites saillies ; mais il est tems , mon adorable Maîtreíle de jouir des plaiíirs qui vous font préparés. Ce Dieu fit signe en même tems à l'Heure du Berger de s'approcher; la Modestie qui foutenoit toujours Brillante , s'opposa aux deíleins de l'Amour. Ce Dieu en parut un peu fâché ; il n'osa cependant faire paroître son dépit, afin de gagner, par cette complaisance, la confiance de la Princeíle , à laquelle il présenta la main avec un íourire enchanteur. ...

Brillante , sans trop sçavoir ce qu'elle faisoit dans le trouble qui l'agitoit, se laissa enfin conduire par ce Dieu , qui la fit monter dans sa calèche & se plaça à côté d'elle , avec les Graces , la Modestie &c la Constance. Faveur se mit derriere eux, accompagnée d'une grande femme que Brillante n'avoit point encore apperçue; elle demanda à l'Amour qui elle étoit, &c pourquoi elle paroiíloit fi rêveuse? C'est la Jouissance, dit ce Dieu, qui attend , avec inquiétude , le moment favorable de faire connoissance avec vous , pour reprendre son enjouement &C sa gaieté ordinaire.

1/Amour ordonna qu'on le conduisît à sa petite maison , que l'on auroit pû prendre pour une de celles du Soleil , par l'éclat des richeflès qui y brillent de toutes parts. Une troupe de Plaisirs se détacha pour annoncer l'arrivée de i'Amour &c de la Princesse, qui furent reçus dans cc Palais par les Ris, les Jeux & les Plaisirs. L'Amour conduisit Brillante dans un cabinet de glaces, en ordonnant aux Graces de la mettre fur un lit de roses , que la Volupté & la Délicateílè leur avoient préparé. Jamais ces deux Favorites de l'Amour ne quittent ce cabinet; elles font chargées l'une & l'autre du foin de l'orner,

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