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de l'entretenir dans un air tempéré, & d'y répandre les parfums les plus exquis : les Jeux , les Ris , les Plaisirs, Faveur & Jouiílànce, suivirent la Princesse dans ce cabinet.

Faveur & Jouissance firent mille tendres caresses à Constance sur son heureux retour; la gaieté ornoit toutes les acC- , tions de Jouiísance , qui le **- flattoit, avec raison , que la 'réunion de ía compagne avec l'Amour, alloit enfin la fair« triompher de son plus cruel ennemi. Car, avant que ce Dieu dëvînt sensible aux charmes de Brillante , quoique Jouissance fût presque toujours à fa fuite, il árrivoit souvent par une fatalité qui la désespéroit,

que , malgré les ordres, que l'Amour lui donnoit de :le? íuivre , le Dégoût, cet enne-. mi de son repos , l'entraînoit toujours vers un autre objer. Elle se flatta pour-lors de l'ayoir vaincu; le caractere doux ôc complaisant , & l'humeur toujours égale de la jeune Princefle, contribuerent beaucoup à lui faire remporter fur sùn ennemi la victoire la plus complet te.

Brillante , occupée de tout çe qui l'environnoit, ne s'amusa point à réfléchir; ellç£ oublia la Modestie qui n'étoit point entrée avec elle, l'Amour l'avoit exclue de ce ca.T, binet, pensant éviter, par son absence, mille petites vétille

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ries auxquelles elle étoit fort sujette : c'est: pourquoi il avoit donné à l'Heure du Berger la charge d'Huissier de ce cabinet. Mais ce Dieu , malgré ses précautions , rie s'attendoit pas à trouver la Pudeur, fidele compagne de Brillante , qui, pour ne la point abandonner, s'étoit cachée fous la robe de la jeune Princefle; & , lorsqu'il voulut s'en approcher, cette impérieuse Déefle lui déclara qu'elle ne céderoit sa place qu'au Dieu de l'Hymen. L'Amour, enflammé par cette nouvelle résistance, consentit que son frere l'Hymen vînt allumer sa torche nuptiale , pour éclairer son union avec Brillante , qu'il jura être éternelle. 1

L'Amour, devenu constant par son union avec Brillante , jouit à-présent d'un bonheur parfait; & íon ardeur, loin de diminuer par la présence continuelle de Faveur & de Jouissance , semble s'accroître, 8t les plaisirs qu'il goûte , par leurs secours, lui paroiílènt toujours nouveaux. 11 est aisé de présumer que Brillante l'a fixé pour jamais; c'est donc en vain qu'on le cherche à présent dans le monde, puisqu'il n'y a laifle que son ombre. Voilà , chere Tramarine , ajouta le Génie Verdoyant , Theureux sort dont jouit actuellemetì tla Princeíse votre íœur dans- l'iflSa Craintive , que le véritable Amour a choisi pour ía réíîdence , parce qu'il y régne un Printems perpétuel.

Arrivés fur les rives de ccttc ifle , Verdoyant apperçut l'Amour folâtrant avec Brillante , 8c les Graces qui fe promenoient accompagnées de toute leur Cour; le Génie les sit remarquer à Tramarine , en faisant approcher son char du rivage. Après avoir aidé ia Princesse à en deícendre, ils S'avancerent l'un & l'autre vers l'Amourqui, reconnoissant le Génie Verdoyant pour le Prince des Ondins, vint au devant de lui. Qui vous amene <fur ce rivage, dit ce Dieu ? Vous n'avez plus beíoin de mon pouvoir pour vous faire aimer de

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