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tes les pâtes qu'elle emploie pour les adoucir. Je conviens que Flore est bien aimable , mais elle s'attache trop au jardinage , d'ailleurs elle ne íe plaît qu'avec ce petit fou de Zéphir; l'Aurore se leve fi matin qu'on ne peut jamais la joindre, 6c l'on ne fçait ce qu'elle devient le reste de la journée. Vénus est charmante, mais elle est ma mere; nous ne íommes pas toujours d'accord fur bien des points, ce qui fait qu'elle me querelle fouvent , d'ailleurs elle réside peu dans le même endroit, tantôt à Paphos, d'autres fois à Cythere, àAmarhonte, ou dans quelque autre lieu , & fouvent les Graces l'accompa

gnent. Thétis n'est occupée qu'à plaire au Dieu du Jour; les Muses font des Précieuíes qui aiment trop à philosopher; les Parques font des Fiîeuses qui ne font grace à personne; les Heures courent lans cesse; & la Folie n'habite plus que la Terre. Que faire à-présent dans l'Olympe ? on s'y ennuie à périr ; car je ne m'amufe point avec Momus, depuis qu'il fe donne les airs de critiquer tous les Dieux.

Pendant cette conversation, Tramarine, après avoir fait à Brillante mille tendres careíses , lui apprit les aventures du Roi de Lydie ; & ces deux aimables Princesses, charmées l'une de l'autre, auroient bica voulu ne se plus íéparer. Vous êtes venue troubler mon repos , disoit tendrement Brillante à la Princeíle Tramarine; depuis que je fuis unie avec l'Amour, je croyois n'avoir jamais rien à desirer: j'ignorois entierement ce que peut le sang 8c l'amitié. Cependant, malgré le plaisir que je reílens en vous voyant, 8c celui que j'aurois de paíler ma vie avec vous, je ne me sens ni la force de quitter l'Amour, ni le courage de vous suivre; fi vous pouviez habiter parmi nous , mon bonheur seroit complet; du-moins, chere Tramarine , accordez - moi encore quelques jours , afin d'engager te Prince Verdoyant à me faire parler au Roi notre pere. Jc suis désespérée, dit Tramarine , d'être obligée de vous refuser, je ne puis me rendre à vos desirs fans bleílèr nos Loix ^ le Roi Ophtes, après avoir perdu la vie qui î'attachoit à la Terre, est:, à la vérité, reçu parmi les Ondins , mais il ne peut jouir du privilège des Génies qui peuvent, quand il leur plaît, se découvrir aux Mortels. Je vouspromets néanmoins de venir vous voir le plus souvent que je pourrai. Le Génie , s'approçhant alors des deux Princeílès , les avertit qu'il étoit tems de se séparer; $C, après les plus tendres adieux, l'Amour conduisit le Génie èc Tramarine dans leur char, & leur promit de leur être toujours fidelement attaché.

Cette séparation fut le premier chagrin que Brillante éprouva. II la rendit quelque tems rêveuse, sans néanmoins lui donner de l'humeur : elle n'en avoit jamais, &lorsqu'elle ressentoit de la douleur, ses plaintes étoient toujours tendres & touchantes; mais l'Amour, pour dissiper fa tristeílè, fit naître de nouveaux plaisirs. On prétend même que c'est de son union avec Brillante , qu'est née cette multitude de petits Amours folâtres; 8c je serois assez porté à le croire. Le Génie Verdoyant 5c Tra«

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