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Paris, Imprimerie de Ad. Lainé et J. Havard, rue des Saints-Pères, 19.

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LIBRAIRIE A. FRANCK,

Alb. L. HEROLD et F. AMYOT,

LIBRAIRES DE LA SOCIÉTÉ DE L'ÉCOLE IMPÉRIALE DES CHARTES,
RUE DE RICHELIEU, 67.

M DCCC LXIV.

EXAMEN CRITIQUE

DU

MYSTÈRE DU SIÉGE D'ORLÉANS'.

I.

Le Mistère d'Orléans, signalé d'abord par Montfaucon (Bibliotheca bibliothecarum), et par Fevret de Fontette (Bibliothèque historique), au siècle dernier, a excité, de nos jours, une sollicitude et un intérêt croissants de la part des érudits. En 1839, M. Paul Lacroix, puis MM. Ad. Keller, Salmon, Daremberg et Renan, Quicherat, etc., reproduisirent, l'un après l'autre, des fragments de ce poëme, qui ne contient pas moins de 20,529 vers français du quinzième siècle. Au fur et à mesure que les citations se multipliaient, la curiosité de connaître le reste s'éveilla de plus en plus. Aujourd'hui que l'ensemble de l'œuvre est sous nos yeux, nous pouvons dire que cet intérêt, cette sollicitude, étaient parfaitement justifiés.

Le monument historique mis au jour par MM. Guessard et de Certain, soulève tout d'abord divers problèmes, dont il n'offre point de lui-même la solution. Cette solution, les savants éditeurs l'ont cherchée avec beaucoup de patience 2 et de sagacité; ils l'ont produite, à notre avis, d'une manière incomplète, mais en partie d'une manière plausible.

« A quelle époque (et par qui, ajouterons-nous), le Mistère d'Orléans a-t-il été composé? A-t-il été représenté soit à Orléans,

1. Le Mistère du siége d'Orléans, publié pour la première fois d'après le manuscrit unique conservé à la bibliothèque du Vatican, par M. F. Guessard et E. de Certain. Paris, Imprimerie impériale, 1862. Collection des documents inédits, in-4°. · Le présent travail a été lu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, dans les séances des 27 février et 6 mars 1863.

2. La copie du manuscrit, publié en 1862, a été exécutée en 1855.

V. (Cinquième série.)

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soit ailleurs? Était-il destiné à la représentation? » Telles sont les questions que se posent les éditeurs dès le début de leur préface, et que le public effectivement s'adresse, à leur suite, en abordant ce mistère anonyme.

Ces questions sont fondamentales, et c'est seulement après s'être fait au moins un thème quelconque, à cet égard, que le lecteur ou le critique peut asseoir à son tour son appréciation historique, littéraire, etc. de l'ouvrage. Nous commencerons donc par aborder ces difficultés, et nous ajouterons, pour les résoudre, de nouveaux éléments à ceux qu'ont apportés de leur chef MM. Guessard et de Certain.

1o A quelle époque et par qui le Mistère d'Orléans a-t-il été composé ?

Cet ouvrage est contenu dans un manuscrit in-4°, sur papier qui porte au frontispice l'ex-libris, ou signature autographe, A. Petauius sen. par. 1636 (Alexandre Petau, conseiller au parlement de Paris), fils de Paul Petau, célèbre bibliophile comme Alexandre, et tous deux de famille orléanaise. Peu de temps après la date que nous venons de transcrire, la reine de Suède acquit en bloc, comme on sait, les manuscrits de Petau, qui en bloc aussi ne tardèrent pas à composer le fonds de la reine Christine à la bibliothèque du Vatican. Ce manuscrit porte aujourd'hui, dans ce même fonds, le no 1022.

Que le lecteur veuille bien maintenant transporter son attention sur un autre manuscrit, dont je dois l'entretenir pour l'éclaircissement de cette première question. Il existe dans ce même fonds un autre manuscrit, provenant d'Orléans, comme le manuscrit 1022, et portant le n° 891 de la reine Christine. Ce manuscrit ne paraît point avoir attiré l'attention des savants éditeurs, du moins sous ce rapport, faute de saisir le lien qui, si je ne me trompe, les rattache l'un à l'autre.

Le manuscrit 891 contient un opuscule anonyme et sans titre, aujourd'hui connu sous cette dénomination : Chronique de l'établissement de la fête du 8 mai à Orléans. MM. Salmon et Quicherat, qui l'ont publié in extenso, estiment, le premier de visu, le second d'après les fac-simile, notes et renseignements du premier, que ce manuscrit appartient, par l'écriture, au commencement du seizième siècle ou à la fin du quinzième '.

1. Bibliothèque de l'École des chartes, 2o série t. III. Procès, t. V, p. 285

et suiv.

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