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jours été éclairée sous les yeux de toute la Cour, de fe voir accusée injustement.

Tramarine fâchée d'avoir irrité la Fée contre elle, & jugeant, par le discours de Cé. liane, que l'affaire dont on l'accusoit étoit des plus graves, qu'elle auroit peur - être plus que jamais besoin du fecours de la Fée, lui fit quelques excuses sur sa vivacité, en la priant de lui expliquer le crime dont on osoit la noircir; & Bonine jugeant, à l'ignorance de la Princesse qu'elle n'étoit point coupable, se radoucir en la faveur & lui promit son secours, après lui avoir raconté ce qui s'étoit paflé, & la résolution où l'on

étoit de la bannir de la Cour.

La Princesle dont le coeur étoit pur ,

assura Bonine qu'el. le n'avoit rien à se reprocher. Sans doute , dit-elle, que la Déesse veut éprouver ma constance : je n'en saurois douter par les longes dont j'ai été agitée dans son Temple ; il est encore vrai

que la figure dont je me suis formé l'image, a toujours été depuis présente à mon esprit. En vérité ma chere Tramarine, reprit la Fée, vous me surprenez infinimene. Il faut assurément que vous ayez l'imagination bien vive: n'aurez-vous point d'autres raisons à alléguer pour votre défense ? Non, die Tramarine suffoquée par sa douleur , je

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n'ai rien autre chose à y ajouter : ce n'est point l'exil qui me fait de la peine, puisqu'il me délivre d’une Cour injuste, mais la honte des indignes soupçons qu'on a répandus dans tous les esprits. Je, ne compte plus que sur vous, ma chere Bonine & Tur l'attachement de Céliane ; votre amitié mc tiendra lieu de toutes les grandeurs que je perds. Céliane ne puc répondre que par des larmes. Qu'eut-elle dit qui pût adoucir les peines de Tramarine ? Il n'y a le tems qui puisse effacer le souvenir des grandes douleurs . les conseils & coutes les confolations s'affoibliffent contre les coups

lorsqu'ils Су

a que

du fort,

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viennent d'être portés. La Nature a ses droits qu'elle ne veut pas perdre, jusqu'à ce que le chagrin en ait épuisé les forces: alors, par une sage dispensation, la raison reprend le desfus pour ránimer en nous les facultés de notre ame.

CHAPITRE III.

Jugement de Tramarine. Le lendemain Tramarine fut conduite dans la Salle du Conseil, pour y être interrogée. La Fée Bonine, qui ne la quitta plus, parla d'abord en son nom, & dit à l'Assemblée des Magiciennes, que la Princesse n'avoit point d'autre défense à alléguer, pour fa justification, que la force de l'imagination ; qu'elle protesto n'avoir jamais vû aucun des mortels proscrits par la Loi depuis son entrée dans le Royau

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