Imagens das páginas
PDF

fuccès de fa vióroire , nous conduilit dans fa Ville capitale , en nous menant attachés й fon char de triomphe comme de miférables efclaves. Il .nous fit enfuite renfermer dans une Tour, bâtie fur une pointe de rocher qui paroillbit fort avancé dans la'Mer:rnais ce qui augmenta ma peine 8: тoп défefpoir, deй qu’il eut encore la cruauté de me féparer de Cliceria; 8: j’appris quelques jours après, par deux Úßiciers commis pour ma garde , qui , me croyant endormi , cauáqient familierement enfeme : . . . .

J’appris donc que la caufc de tous les défordresqui venoient d’arriver , пе prove

[ocr errors]

noir que de l’amour que le

.perfide Pencanaldon avoit pris

pour la Reine , parce qu’il fe ilattoit qu’après m’avoir vaincu , il ne lui feroit pas difficile de léduire l’efptit de la Reine Cliceria, en lui propofant de partager avec elle lon Royaume, 8: de la laiH`er difpofer

.entierement de mes Etats qu’il

venoit de réunir à Га Couronne , ne faifant aucun doute qu’étant fon prifonnier , il ne me forçât à la répudier lorfque je croirois ne pouvoir obtenir ma liberté quй ce prix. Ainli, aveuglé par fa pafiion ,il ne

crut point trouver d’obltacle it ‚

fes mauvais delleins, il ofa même les déclarer à la Reine lans aucun ménagement. Cliceria ,

indignéedes propolitions qu’il eut l’audace de lui faire de l’époulet, lorfqu’il feroit parveî nu а те faire ligner l’A¿te qui devoit la rendre à elle­même , lui marqua avec beaucoup de ñerté tout le mépris qu’elle faifoit de fentimens pareils aux liens; 8: , loin de vouloir achever de l’entendre , elle fut fe renfermer dans fon cabinet , en lui défendant de reparoître devant elle , à moins que l’honneur, la vertu 8: 1а probité, qu’il avoit bannis de fon cœur , ne revinlfent animer fon ame , 8: lui inlpirer des procédés 8: de nouveaux fentimens dignes d’être adoptés par Óphtes 8: par Cliceria‘.

Cependant Pindigne Penca­

naldon employa long­tems les prieres 8: les plus tendres fuipplications , pour tâcher de éduire la Reine; mais s’apper­ cevant qu’elles ne faifoient qu’augmenter le mépris qu’elle avoit pour lui, il changea de

conduite, en fubftituant les.

menaces les lus terribles fi elle ne fe rendbit à fes defirs. Toutes ces différentes attaques furent vaines : Cliceria , fortifiée par la gloire 8: la vertu , les foutint avec une fermeté digne de fon rang.

Je fus inflruit d’une partie de fes peines par une des femmes_de la Reine , qui , jouif-­ fant d’un peu plus de liberté , avoit trouvé le fecret de gagner un de mes Gardes, qui

Yintlroduifoit pendant la nuit dans mon appartement. Quoique cette femme s’e&'orçât de diminuer une partie de l’af­ freufe lituation dans laquelle fe trouvoir Cliceria , mon efprit, toujours induftricux à me tourmenter, me la faifoit reffentir .telle qu'elle étoit. ACcablé de douleur, ô: ne pouvant rien pour adoucir les peines d’une Princeffe qui m’é­ toit d’autant plus chere, que j’érois très-perfuadé qu’elle ne devoir fes maux qu’à l’attachement qu’elle avoit toujours eu pour moi, je ne pouvois néanmoins les adoucir. Il ей peutêtre fans exemple que des Sujets, que j`avois traités plutôt en pere qu’en Roi , s’inréref­

[ocr errors]
« AnteriorContinuar »