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prendre avec Célinde , qui me dit en entrant dans mon cabinet : Je viens enfin , Seigneur, vous annoncer la délivrance de la Reine; elle eй fortie du château fans q.u’aucun de fes Gardes s’en fort apperçu , 8: се miracle n’eft arrivé que par le fecours d’Argi. Папе, qui a bien voulu aider au Prince à 1а fouftraire à la puiflance de fon pere. .l’en rends graces 'aux Dieux , m’é­ criai-je, 8:. fouhaite avec ardeur qu’ils veuillent favorifer la juйice de nos droits, afin que je puiffe jouir de la fatis

зайди де nous voir bientôt réunis. Une partie de vos fouhaits vous font accordés à l’inf.`

.tant, dit Cliceria , en fe préci

pitant dans mes bras. Saifi de joie à la vûe d’une Princeífe que j’ai toujours paflionnément aimee, je ne pouvois comprendre се qui avoit pû d’abord la dérober à mes yeux; mais fon talifman qu’elle me montra, en le retournant pluíicurs fois , me б: admirer la vertu de ce cl1ef­d’œuvre de

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Célinde fortis: pour avertir le Prince Corydon que la Reine ne tarderoit pas à fe rendre auprès de lui. .le prolitai de fon abfence pour témoigner à Cliceria combien j’étois fenfible à cette derniere preuve dei fa tendrefle , puifqu’elle rifquoit, pour ainfi dire , fa vie, ou tout au moins. cette liberté

qu’elle venoit à peine de rc'couvrer comme ar une efpécе' de miracle. Бuде , après nous être donné mille témoignages de notre tendrelle mutuelle,

je lui communiquai toutes les

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faires pour agir auprès de 1а Reine de Caйora , 8: pour engager nos autres Alliés ä nous aider de leurs fecours. Célinде rentra pour nous avertir qu’il étoit tems de nous fépa­ rer: ilfallut céder aux circonftances; mais ce ne fut pas fans verfer beaucoup de larmes. Cliceria , accompagnée de Célinde , fe rendit chez le Prince Corydon qui les attendoit; 8:, tout étant préparé pour leur voyzage,.ils partirent.

au lever de l’Aurore. Се Prince , pour 'éloigner les foup­­ çons que pourroit donner fon abfence , avoit pris le prétexte de vifiter les fortifications de l`ifle Forte, appartenante à la Princeffe Argiliane; mais Pencanaldon , rebuté depuis longtcms des mépris que la Reine ne ceffoit de‘ lui montrer , Pendant leur route, la Reine inйruifit le Prince des Loix que Pentaphile avoit impofées fur tous les Etrangers. Corydon en parut d’abord charme‘ , fe Hartant que s’il n’avoit pas le bonheur de plaire , du moins n’auroit ‘il pas de rivaux à craindre : mais fa joie fut bientôt changée en une triftefle profonde , lorfqu’il fit réliexion qu’il ne pourroit гейег dans ce Royaume fans s’expofer à mille dangers. Cliceria qui s’appercut de fon chagrin , 8: qui ne vouloir pas être privée de fes confeils , pour les differentes négociations qu’elle prévoyoit être obligée de faire dans les circonftances 011 е11е fe trouvoi:5 8: qui d’ailleurs n’é

'après avoir inutilement em

ployé les fecrets de la Magiе pour la faire condefcеndre à fes infâmes projets , prit enfin le parti de s’abfenter par le confeil. d.’Argilianeu Ce fut ce qui donna le tems à. nos fugi.. tives de s’éloigner; 8: , aidée# des fecours d’Argiliane , elles arriverent en peu de jours dant le Royaume de Cafiora.

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