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marine continuerent leur voyage, en s'entretenant avec le Roi de Lydie de l'heureux mariage de l'Amour avec la Princesse , & lui faisant une vive peinture des plaisirs qu'ils goûtoient sans cesse par leur union; plaisirs d'autant plus desirables & plus sensibles, que le tems ne pourroit jamais les dimi

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CHAPITRE XII.

Histoire du Prince Nubécula ,

fils du Génie Verdoyant & de

la Princesse Tramarine. VERDOYANT, voulant procurer à la Princefle Tra. marine une de ces surprises, qui agissent toujours avec im. pétuosité sur nos lens, la conduisit dans une contrée où la plớpart des Citoyens ne s'occupent que de l'avenir. Ces peuples, quoique sans cesse en dispute, semblent néanmoins ne chercher qu'à jouir d'une éternelle paix; mais, au milicu

de

de cette prétendue paix , ils sont presque tous malheureux, ils s'ennuient & languissent , parce qu'ils ne veulent point reconnoître l'Amour, qui seul est capable d'égayer l'esprit & d'occuper agréablement l'imagination. Car , sans l’Amour, n'est-on pas privé du plaisir que donne l'éclat des grandeurs, la

pompe

& le faste des richesses ? Les charmes de la gloire ne sont rien, & les attraits des beautés les plus touchantes deviennent in. sipides. Que je les crouve à plaindre ?

Ce fut chez ces peuples que le Génie Verdoyant conduisit la Princesse Tramarine & le Roi de Lydie. Ils arriverent II. Part,

E

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dans le tems qu'ils se prépa. roient à un {pectacle usité chez cette Nation , lorsqu'il s'agit de marier la fille aînée de leur Roi , parce que ce n'est ni le rang, ni la qualité qui la peur obtenir, c'est à la valeur &a l’intrépidité du courage qu'on l'accorde ; ce spectacle étoit annoncé depuis long-tems en faveur de la Princelle Amasis. Cette Princesse n'étoit pas douée de graces, ni de beauté ; & la difformité de fon corps sembloit rendre son union moins précieuse.

Il est d'usage de subir des épreuves terribles

pour

obrenir l'alliance du Roi. Perfenné ne s'étoit encore présenté pour Amasis. Son portrait rebutant,

qu'il n'est pas permis de flatter, n'avoit pê engager aucun des Princes Souverains à se lia vrer à des dangers inévitables : cependant le Roi avoit pour Amalis une amitié si grande, qu'elle dégénéroit souvent en des foibleftes; & les Princesses ses fæurs, quoique douées de toures les perfections imaginables, ne pouvoicat obtenir aucune faveur , a Amasis ne se joignoit à elles pour les demander. Çetre Princesse qui s'ennuyoit beaucoup d'être privée de vivre à la Cour tomba dans une langueur qui fit craindre pour ses jours, ce fut ce qui détermina le Roi de permettre à tous les Etran. gers de se préfenter aux épreu

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