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et dévasta le pays. La paix se fit alors aux conditions que le comte aurait en engagèrc pour plus de 45,000 aureorum, Sehôneck-dans-l'Eiffel, Schûnenberch, Dune, Kempenich et Hamersteyn (*). Rabanus dut cependant assiéger Schôneck pour forcer le comte à lui faire hommage.

Ici c'est bien de notre Schoneck qu'il est question. Mais cette engagèrc, de l'an 1533, avait dû être précédée d'une autre de beaucoup antérieure, puisqu'en 1479, le pape Sixte IV parlait d'une engagèrc qui avait duré depuis soixante-dix ans.

En 1441, le 4 novembre, un Johan Ilurten Von Schoneck figure dans un jugement arbitral rendu par le comte de Moers et Sarwerden. Ce Jean appartient à la famille des Schoneck, près de Rouvcr. Nous le retrouvons, en 1452, parmi les seigneurs qui s'étaient joints au comte de la Marck pour faire la guerre à l'archevêque Jacques. C'était, disent les Gcsta Trevirorum, un officier juré de l'Église de Trèves, qui passait pour très-puissant dans l'Eiffel et qui, à l'exemple du comte de la Marck, portait une haine spéciale au prélat. Celui-ci, aidé du comte de Virnebourg, le surprit tout à coup et s'empara, en trois jours, des châteaux et des forteresses de Hildesheim, Castelberch, Manderscheidt et Schôneck-dans-l'Eiffel j ce qui n'empêcha pas Jean Hurten de continuer ses brigandages (*).

Le 14 juillet 1568, l'archevêque Jacques fit grâce du crime d'enlèvement d'enfant (crime» plagiî) à différents personnages, parmi lesquels se trouvait une Marguerite do

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Schôneck, veuve de Nassau ('). Celte dame appartientelle aux Hurten de Schôneck, aux Schoncek de l'Hundsrùck ou à d'autres Schôneck de l'Allemagne? C'est une question que nous ne sommes pas à même de résoudre. Au reste, on trouve dans la grande encyelopédie allemande, la mention de nombreux personnages de ce nom, qui se sont distingués dans les arts, les lettres ou les hautes fonctions publiques, et qui n'ont évidemment rien de commun avec la seigneurie de Schôneck dans l'Eiffel. Schôneck, en allemand, comme Beaulieu, en français, est un nom qui a pu être donné à un grand nombre d'endroits, et qui doit se retrouver un peu partout.

On voit qu'en délayant convenablement la chose, et surtout en faisant copier aux archives de Coblentz et de Luxembourg loules les chartes et les documents qui ont plus ou moins rapport à Schôneck, il y aurait moyen de former de tout cela un beau gros volume in-8°, de cinq à six cents pages avec pièces justificatives, eic., etc. On a bien fait, récemment, trois énormes in-4° sur l'histoire de la petite ville de Montdidier (*). C'est vrai. Mais sait-on où mène un pareil système? A-t-on caleulé le nombre de mètres cubes de papier qu'il faudrait employer pour donner à toutes les communes de l'Europe une histoire semblable?

Le sort d'un gros livre est de n'être pas lu. Pourquoi faire des livres qu'on ne lit pas?

Renier Cdalon.

(') Hontiiim, Historia, t. III, p. 15.

(') Sans compter deux monstrueux in-8» sur le village de Fuluy!! Prix t2 francs le volume.

FLORIN D'OR INÉDIT

DE

RUDOLPHE DE DIEPHOLT

On a trouvé, il y a quelques mois, dans un champ près de Jutphaas, village situé à peu près à une lieue de distance de la ville d'Utrecht, une monnaie en or, très-bien conservée, de Rudolphe de Diepholt, dont voici la description:

Av. RODOLF £ POSTVLAT 2 TRAIECT'. Deux écussons, le premier avec les armoiries de l'évéché d'Ulrccfit, et le second avec celles de Diepholt, surmontés d'un casque chargé de deux cornes pour cimier.

Rev. MONETA *ÎNOVA 5 DE * DAVENTRIA. Dans le champ, l'aigle aux ailes déployées, armes de la ville de Deventer.

Comme on sait, Rudolphe de Diepholt, aspirant à l'évéché d'Utrecht, s'intitula a POSTVLATVS AD ECCLESIAM TRAIECTENSEM, et était continuellement en guerre avec Zwcder Van Kuilmlmrg, auquel le pape Martin V avait confié le siège de cet évèché. Depuis longtemps il n'y a plus de doute que Rudolphe de Diepholt n'eut fait battre des florins d'or, nommé Postulaat gulden, avant l'année (431, date de son avènement réel au siège épiscopal d'Utrecht.

Mais quoiqu'on fût convaincu que de telles pièces d'or avaient été frappées, il est évident qu'on n'en avait jamais vu.

Van Mieris (*) donne, pl. VIII, n°' 5 et 6, deux florins d'or de Rudolphe de Diepholt, mais fait l'observation (*), que ces pièces qui, dans les placards et les muntbeeldenaars, sont généralement indiquées comme étant les Postulaat gulden, lui paraissent être frappées du temps que Rudolphe fut effectivement évéque d'Utrecht, vu que le titre d'évèque (EPISC.) s'y trouve, tandis que sur son sceau, altaohé à une chartre donnée en 1427, il se sert du titre de Postulat (S. RVDOLPHI. D . DIEPHOLT . POSTVLATI. AD . ECCLIAM . TRAIECTEN (*).

Cette circonstance a fait supposer à Van Mieris qu'une monnaie d'or de Rudolphe de Diepholt, antérieure à celles dont il fait mention, et au titre de postulat, jusqu'alors encore inconnue, devait exister.

Je crois pouvoir dire, sans la moindre hésitation, que le florin d'or, dont cette notice fait l'objet, est le véritable florin d'or que Rudolphe de Diepholt a fait frapper à Deventer en qualité de prétendant à l'évêché d'Utrecht (Postulaat gulden) et dont Van Mieris supposait l'existence sans cependant l'avoir connu.

C,e Mairin Nauuys.

(') Beschryving der bisschoppclyke muntm en zegclen van Ulrecht in 't byzonder. (') Ibid., p. Î47.

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Lors des fouilles faites, il y a quelques années, dans les ruines de Duursiede — Doreslattis — ville jadis si considérable et si renommée par le commerce étendu qu'elle faisait, et qui fut totalement dévastée et détruite par les invasions des Normands, à la fin du règne de Louis le Débonnaire, on y a découvert un grand nombre d'objets antiques, des médailles romaines, mais surtout des monnaies des deux premières races.

La. série des deniers carlovingiens a eu particulièrement une très-grande portée dans la fameuse question de classification des espèces au monogramme Carolin et à la légende: CARLVS REX FR. On sait avec quelle sagacité et quelle justesse ces pièces ont été restituées à Charlemagnc par M. de Costcr; aussi, ne peut-il rester nu «un doute sur ce

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