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de boucliers, quum tamen... libet... Ne sent-on pas les efforts des Troyens, immanem Teucri molem.., et la chute de cette masse, volvuntque, ruuntque, quœ.. ? Les détails suivants, pellere vallo missilibus certant, l'image de Mézence et les feux dont il est armé, horrendus... pinum, fumiferos... ignes, les efforts et l'action de Messape, rescindit vallum, scalas in mœnia poscit, achèvent de peindre le combat sous ses divers aspects. La description particulière se divise en trois parties, sur chacune desquelles un fait principal fixe l'attention. Première partie : chute de la tour embrasée par Turnus. L'invocation aurait pu précéder le tableau général ; mais elle

produirait alors moins d'effet qu'avant les exploits de Turnus, dont

elle annonce les prodiges, vos, ô Calliope, precor... Quelques mots suffisent pour peindre la hauteur et la position de la tour, turris erat vasto suspectu... : la place et l'importance de celle du second livre (v. 460) permettaient une description plus étendue. Remarquez ici la vive opposition de l'attaque et de la défense, summis viribus omnes... Itali, summâque.., Troes contrà... perque cavas... Lorsque Turnus a lancé le trait enflammé, conjecit lampada, l'image poétique peint vivement l'effet progressif, flammam affixit, plurima vento corripuit, hœsit adesis. Après cette expression rapide du trouble, turbatitrepidare intùs,.,

Possent tectam aciem perrumpere; quum tamen omnes
Ferre libet subter densà testudine casus.
Nec jam sufiiciunt : nam, quà globus imminet ingens,
Immanem Teucri molem volvuntque ruuntque.
Quae stravit Rutulos latè, armorumque resolvit
Tegmina : nec curant caeco contendere Marte
Ampliùs audaces Rutuli, sed pellere vallo
Missilibus certant.
Parte alià horrendus visu quassabat Etruscam
Pinum, et fumiferos infert Mezentius ignes.
At Messapus, equûm domitor, Neptunia proles,
Rescindit vallum, et scalas in moenia poscit.
Vos, o Calliope, precor, adspirate canenti,
Quas ibi tum ferro strages, quae funera Turnus
Ediderit, quem quisque virum demiserit Orco,
Et mecum ingentes oras evolvite belli :
Et meministis enim, Divae, et memorare potestis,
Turris erat vasto suspectu et pontibus altis,
Opportuna loco, summis quam viribus onnes
Expugnare Itali, summâque evertere opum vi
Certabant ; Troes contrà defendere saxis,
Perque cavas densi tela intorquere fenestras,
Princeps ardentem conjecit lampada Turnus,
Et flammam affixit lateri, quae plurima vento
Corripuit tabulas, et postibus haesit adesis,

et depuis ce mot, glomerant, nous suivons les Troyens de l'autre côté de la tour, retrôque residunt.., et aussitôt entraînée par le poids, tùm pondere.., elle tombe avec un horrible fracas, procubuit subitô, cœlum tonat... Le résultat excite la pitié, semineces.., confixique suis telis..; mais ces traits généraux ne suffisent pas au poëte. La naissance d'Hélénor et son extérieur de simple soldat, font ressortir la noblesse inattendue de son désespoir. Dans la comparaison, ut fera.., observez le rapport exact de chaque partie avec les principaux détails de l'action. Les premiers vers du second fait offrent un contraste frappant avec le précédent, pedibus longè melior, fugâ.. : la comparaison et le genre des dé, tails complètent le rapport des deux morceaux et l'opposition entre les deux guerriers. Si Turnus est en action contre le lâche, l'image du résultat du moins est digne du héros, arripit ipsum pendentem, et magnâ muri cum parte revellit : le dernier trait de chaque partie de la comparaison produit encore pour le héros un effet semblable, alta petens... Jovis armiger.., martius... rapuit lupus.

Seconde partie : premier fait d'armes d'Ascagne.

Turbati trepidare intus, frustraque malorum
Velle fugam : dum se glomerant, retroque residunt
In partem quae peste caret, tum pondere turris
Procubuit subito, et cœlum tonat omne fragore.
Semineces ad terram, immani mole secutà,
Confixique suis telis, et pectora duro
Transfossi ligno, veniunt. Vix unus Helenor
Et Lycus elapsi : quorum primaevus Helenor,
Maeonio regi quem serva Licymnia furtim
Sustulerat, vetitisque ad Trojam miserat armis,
Ense levis nudo, parmàque inglorius albà.
Isque ubi se Turni media inter millia vidit,
Hinc acies, atque hinc acies adstare Latinas :
Ut fera, quae densà venantûm saepta coronà
Contra tela furit, seseque haud nescia morti
Injicit, et saltu supra venabula fertur :
Haud aliter juvenis medios moriturus in hostes
Irruit, et, quà tela videt densissima, tendit.
At pedibus longè melior Lycus, inter et hostes,
Inter et arma, fugà muros tenet, altaque certat
Prendere tecta manu, sociûmque attingere dextras.
Quem Turnus, pariter cursu teloque secutus,
Increpat his victor : « Nostrasne evadere, demens,
| Speràsti te posse manus ? » Simul arripit ipsum
Pendentem, et magnà muri cum parte revellit :
Qualis ubi aut leporem aut candenti corpore cycnum
Sustulit alta petens pedibus Jovis armiger uncis ;
Quaesitum aut matri multis balatibus agnum
Martius a stabulis rapuit lupus, Undique clamor

Une description très animée, composée de faits particuliers du n ê me genre que l'action du jeune héros, nous conduit graduellement à ce récit. Nous voyons d'abord les guerriers tomber des deux côtés, sans autres détails pour la plupart, que leurs noms qui rendent le tableau plus frappant, Emathyona, Corynœum, Ortygium, etc. Viennent ensuite deux actions distinctes : 1° les détails sur Priverne plaisent à l'imagination par la singularité du fait et par l'expression nette et précise de chaque circonstance ; 2° la mort d'Arcens, guerrier troyen, inspire encore plus d'intérêt; l'éclat de son armure et de ses vêtements, sa beauté, le souvenir de son père et des lieux témoins de son enfance, ajoutent à la pitié, surtout lorsqu'on le voit tomber d'un coup lancé par l'horrible Mézence, et dont l'effet ainsi décrit paraît encore plus déplorable, media... tempora diffidit, ac porrectume : le mouvement de la fronde est peint d'une manière parfaite, stridentem... ipse ter adductâ... — Un autre effet de ce premier tableau, c'est que, le combat se soutenant des deux côtés avec un avantage égal, l'atten

tion peut rester uniquement fixée sur le fait particulier, que le poëte va raconter avec détail.

Nous avons déjà vu plusieurs fois Ascagne à la chasse (liv. IV, v. 156; liv. VII, v. 493). Le poëte le rappelle avec grâce, tùm primùm bello.., ante feras solitus terrere fugaces; le genre d'enne

Tollitur : invadunt, et fossas aggere complent;
Ardentes taedas alii ad fastigia jactant.
Ilioneus saxo atque ingenti fragmine montis
Lucetium portae subeuntem ignesque ferentem,
Emathiona Liger, Corynaeum sternit Asylas,
Hic jaculo bonus, hic longè fallente sagittà,
Ortygium Caeneus, victorem Caenea Turnus,
Turnus Itym, Cloniumque, Dioxippum, Promolumque
Et Sagarim, et summis stantem pro turribus Idan,
Privernum Capys : hunc primò levis hasta Temillae
Strinxerat : ille manum projecto tegmine demens
Ad vulnus tulit; ergo alis allapsa sagitta,
Et laevo infixa est lateri manus, abditaque intus
Spiramenta animae lethali vulnere rumpit.
Stabat in egregiis Arcentis filius armis,
Pictus acu chlamydem, et ferrugine clarus Iberâ,
Insignis facie, genitor quem miserat Arcens
Eductum Martis luco, Symaethia circum
Flumina, pinguis ubi et placabilis ara Palici.
Stridentem fundam positis Mezentius hastis
Ipse ter adductà circum caput egit habenà,
Et media adversi liquefacto tempora plumbo
Diffidit, ac multà porrectum extendit arenâ.
Tum primum bello celerem intendisse sagittam

mis vaincus jusqu'ici ajoute à l'éclat de la nouvelle victoire. Tot est réuni pour l'embellir : Numanus n'est pas un guerrier sa» courage, un homme du vulgaire, fortem.., Turni... minorem go manam habebat; et ce qui relève encore la gloire du jeune prinu c'est qu'il venge sa nation tout entière outragée par le Rutule.Nos regards se fixent d'abord sur Numanus, is primam an aciem.. : quel orgueil dans la démarche, dans les cris et les mouvements de ce corps énorme, ibat et ingentem sese clamore ferebat Ces mots, digna atque indigna relatu, caractérisent son discours d'un côté le tableau des mœurs guerrières de l'antique Italie; de l'autre le tableau exagéré et mensonger des mœurs efféminées des Troyens. 1° A la vue des retranchemens qui arrêtent l'impétueux Rutule, le souvenir outrageant du siége de Troie, non pudet obsidione iterùm.., bis capti Phryges, la honte des Troyens, morti praetendere muros, et l'accent du dédain qui respire dans ces paroles, en qui nostra sibibello connubia poscunt, quis deus.., quœ dementia.., enfin cette pensée exprimée avec le ton du mépris pour les Grecs eux-mêmes, non hic Atridœ, nec fandi fictor Ulysses, nous con- | duisent naturellement à l'éloge de l'Italie. — Nous parcourons dans un ordre exact les différents âges de la vie. Remarquez la force et la netteté de chaque trait : pour l'enfance, natos ad flumina primum deferimus...; pour l'adolescence, venatu invigilant sylvasque fatigant, flectere ludus equos... L'expression guerrière caractérise chaque détail sur les deux âges suivants, les travaux mêmes de l'agriculture, terram... domat, versa juvencüm terga

Dicitur, antè feras solitus terrere fugaces,
Ascanius, fortemque manu fudisse Numanum,
Cui Remulo cognomen erat, Turnique minorem
Germanam, nuper thalamo sociatus, habebat.
Is primam ante aciem digna atque indigna relatu
Vociferans, tumidusque novo praecordia regno,
Ibat, et ingentem sese clamore ferebat :
« Non pudet obsidione iterum valloque teneri,
Bis capti Phryges, et morti praetendere muros ?
En qui nostra sibi bello connubia poscunt !
Quis deus Italiam, quae vos dementia adegit ?
Non hic Atridae, nec fandi fictor Ulysses.
Durum ab stirpe genus, natos ad flumina primùm
Deferimus, saevoque gelu duramus et undis.
Venatu invigilant pueri sylvasque fatigant ;
Flectere ludus equos, et spicula tendere cornu.
At patiens operum parvoque assueta juventus
Aut rastris terram domat, aut quatit oppida bello.
Omne aevum ferro teritur, versâque juvencûm

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fatigamus hastâ, et cette image de la vieillesse, canitiem galeâ premimus. Enfin le dernier vers peint toute la violence d'une vie entièrement consacrée à la guerre, semperque recentes comportare juvat prœdas et vivere rapto. 2° Après ce tableau d'une rudesse presque sauvage, rien de plus frappant que l'éclat de la parure asiatique, vobis picta croco et fulgenti murice vestis : l'Italien insiste sur le costume, dont la différence frappe avant tout les yeux des peuples, et tunicœ manicas... : en y joignant ces mots énergiques, desidiœ cordi, et l'image, indulgere choreis, vous trouvez dans ces trois vers l'expression complète du goût des Troyens pour le luxe, la mollesse et les plaisirs. La conséquence toute naturelle, 6 verè Phrygiœ.., est l'outrage le plus sanglant pour des guerriers. Enfin sous des images et des expressions phrygiennes, per alta Dindyma, tympana, buæusque, Berecynthia, matris Idœ, et dans un style dont l'harmonie retracel'idée principale, l'Italien conseille à ces guerriers de l'Asie d'aller goûter un plaisir de femmes, et de laisser la guerre aux hommes, sinite arma viris...

Virgile ne pouvait mieux répondre au dernier outrage, qu'en faisant donner la mort à l'arrogant Rutule, non par un des héros troyens, mais par un enfant. Les détails frappent l'imagination : 1° l'attitude d'Ascagne pendant sa prière, nervo obversus..., diversaque brachia ducens...;2" la prière même, Jupiter omnipotens...; 3° le bruit du tonnerre, intonuit lœvum, immédiatement suivi du bruit presque merveilleux de l'arc et de la flèche, sonat

Terga fatigamus hastâ. Nec tarda senectus
Debilitat vires animi mutatque vigorem ;
Canitiem galeà premimus : semperque recentes
Comportare juvat praedas et vivere rapto.
Vobis picta croco et fulgenti murice vestis ;
Desidiae cordi ; juvat indulgere choreis ;
Et tunicae manicas et habent redimicula mitrae.
o verè Phrygiae, neque enim Phryges! ite per alta
Dindyma, ubi assuetis biforem dat tibia cantum :
Tympana vos buxusque vocant Berecynthia Matris
Idaeae : sinite arma viris, et cedite ferro. »
Talia jactantem dictis ac dira canentem
Non tulit Ascanius, nervoque obversus equino
Intendit telum, diversaque brachia ducens,
Constitit, antè Jovem supplex per vota precatus :
« Jupiter omnipotens, audacibus annue cœptis.
Ipse tibi ad tua templa feram solennia dona,
Et statuam antè aras auratà fronte juvencum -
Candentem, pariterque caput cum matre ferentem,
Jam cornu petat et pedibus qui spargat arenam, »
Audiit, et cœli genitor de parte serenà
Intonuit levùm : sonat unà fatifer arcus,

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