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adopté par la réunion des secrétaires généraux des sociétés savantes le 24 mai 1886.

- Le Cercle des étudiants d'Amiens invite le Président à la soirée littéraire et musicale qu'il donnera le lundi 15 avril.

– M. le Président du Comice agricole de Montdidier invite à prendre part à la souscription qu'il organise à l'occasion du Centenaire de Parmentier.

- Le Président du Comité d'organisation de la · Loterie pour la Caisse des écoles, demande un lot pour cette loterie.

– M. le Président fait connaître que les ouvrages reçus depuis la dernière séance ont été inscrits sous les No17759 à 17823.

Il appelle l'attention sur les suivants :

- La Révolution à Péronne par M. G. Ramon (tro, 2, 3, 4, 5 et 6° série) 5 vol. in-8°.

– Histoire d'Authie par M. l'abbé E. Danicourt.

– Etude sur quelques antiquités trouvées en Picardie, par M. Alfred Danicourt.

- Numismatique de Cambrai par M. Victor Delattre. 1 vol. in-8°.

- Il informe que le Président, le Vice-Président, le Secrétaire et M. Pinsard, auteur de la proposition, se sont rendus chez Madame Herbault pour lui remettre la médaille que la Société lui avait votée le 9 février. Cette médaille en vermeil, à l'effigiede Du Cange, porte au revers, en caractères en relief, « La Société des Antiquaires dc Picardie reconnaissante -- à Madame Herbault. — 9 février 1886. — Elle est enfermée dans

un écrin portant la même inscription en lettres dorées.

- Il est procédé au vote sur la présentation de M. Roux, avocat, docteur en droit, en qualité de membre titulaire résidant. M. Roux, ayant obtenu la majorité des suffrages, est proclamé membre résidant.

- M. Darsy donne lecture du rapport de la Commission des comptes pour 1885.

Les propositions de la Commission sont mises aux voix et adoptées.

- M. le Président dit que la Commission de l'Exposition s'occupe de son æuvre avec autant de zèle que de succès ; grâce à son activité et à ses démarches, l'exposition s'annonce sous les plus heureux auspices et la place dont elle dispose sera seulement suffisante.

- Quant au Congrès, des adhésions ont été reçues, des promesses de lectures ont été faites, mais il serait à désirer que les membres de la Société voulussent bien s'occuper des questions du programme qu'ils trou. veront dans le bulletin. M. le Président ne demande point qu'ils traitent les questions, mais qu'ils les préparent, pour en indiquer les points principaux, de manière à provoquer des discussions qui sont presque loujours l'élément le plus intéressant de ces sortes de réunions.

– M. le Président demande à la Société si elle veut nommer la Commission chargée de juger les ouvrages envoyés pour le concours d'histoire, ou lui en laisser le soin. La Société le chargeant de ce choix, il désigne pour le concours d'histoire MM. Darsy, R. de Guyencourt, Duhamel, Durand et l'abbé Duval.

- La parole est donnée à M. Durand pour une lecture sur l'ancienne église de St-Pierre de Doullens.

Après avoir tracé l'historique de ce monument qui date en grande partie du commencement du XII° siècle, avec restaurations au xyio, mais dont les voûtes et l'abside sont aujourd'hui détruites, il en donne la description archéologique, en faisant observer un procédé ingénieux de construction suivant lequel le maître de l'ouvre a su contre butter les voûtes de la nef sur des contreforts immédiats reposant sur des piles aussi minces et aussi peu encombrantes que possible, sans le secours d'arcs-boutants. - La Société admire les élégantes proportions de cet édifice sur des dessins, les uns extraits de la collection de M. Herbault, les autres dus au talent de M. Joseph Antoine.

– M. R. de Guyencourt lit ensuite une note sur les deux chanceliers de France originaires d'Amiens. Le premier, Firmin de Cocquerel, morten 1349-50, négocia et obtint la réunion de Montpellier à la France. - Le secund, Pierre de Morvilliers, chancelier sous Louis XI. qu'Henri Martin, dans son Histoire de France, a confondu avec un garde des sceaux, Jean de Morvilliers, évêque d'Orléans sous Henri III, et d'une toute autre famille, est relevé d'une grave accusation de malhonnêteté que, à la suite de Chastellain, le même historien avait portée contre lui. Il est certain qu'au moment où il fut élevé à la première magistrature du royaume, Pierre de Morvilliers soutenait un procés devant le

Parlement où il était conseiller, sous le coup d'une accusation de péculat. Le fier langage qu'il tint au Roi en cette circonstance et que Chastellain lui-même a rapporté, le choix que Louis XI fit de lui pour ces importantes fonctions et pour les missions les plus délicates, entre autres pour aller laver la tête au duc de Bourgogne, montrent assez que notre compatriote avait été victime d'une calomnie. Les historiens d'Amiens, d'ailleurs, ne mettent pas une fois en doute son honorabilité.

- M. de Calonne rend compte, ainsi qu'il suit, de l'ouvrage de M. Pouy sur le Maréchal d'Ancre que l'auteur a offert à la Société.

Parmi les ouvrages déposés sur le bureau, au cours des dernières séances, vous avez remarqué, Messieurs, un livre signé de celui de nos honorables collègues que le facheux état de sa santé retient depuis trop longtemps éloigné de nous. C'est l'étude consacrée au maréchal d'Ancre, par M. Pouy.

Prononcer le nom de Concini, l'italien venu en France pour faire fortune ou pour mourir; de Concini qui eut la prétention d'apprendre jusqu'où la chance peut porter l'homme audacieux, c'est évoquer le souvenir d'une époque fertile en intrigues, c'est remettre en présence les partisans du tout puissant maréchal d'Ancre et ceux du duc de Longueville. Il semble même qu'il y ait certaine présomption à essayer de réhabiliter celui dont Malherbe a pu dire qu'il fut un

« Monstre qui dans la paix fit les maux de la guerre « Et dont l'orgueil ne connut point de loi. »

M. Pouy l'a compris; sans vouloir être l'apologiste de Concini, il se demande toutefois si la postérité ne se trompe pas en refusant à sa mémoire la justice qu'elle accorde souvent à plus coupable que lui. Dans une série de chapitres empruntés à des documents extraits des registres de l'Echevinage et aux dossiers du fameux procés qui aboutit à la flétrissure de la mémoire du maréchal et au supplice de Léonora Dori Galigai, M. Pouy cherche à justifier l'opinion déja émise par M. de Beauvillé, à savoir que Concini s'occupait sérieusement des devoirs de sa charge, et qu'il valait peut-être mieux que sa réputation. Mieux que sa réputation, ce n'est pas beaucoup dire, car l'histoire se montre sévère à l'égard du maréchal d'Ancre. Je sais que l'ambition des princes d'une part, que l'élévation rapide et presque scandaleuse du duc de Luynes sur les dépouilles de son rival d'autre part, sont autant de circonstances atténuantes, mais on se demande si les amis de Concini - et il en avait de très dévoués – n'auraient pas tenté de réhabiliter sa mémoire, si la chose eût été possible.

On a vu condamner et vouer å la honte des gouverneurs de Boulogne, de Corbie qui se sont appelés du Biez, Soyecourt; on les a vus ensuite vengés par l'opinion publique.

Pour Concini rien de pareil, si le marquis de la Fare et le maréchal d'Estrées ont écrit son éloge, il existe des centaines de pamphlets qui ne lui font grâce d'aucun outrage, d'aucune invective, et cependant M. Pouy s'est un instant passionné pour le héros de son livre ; il annonce en commençant, nous l'avons dit, qu'il n'essaiera pas de justifier complètement le maréchal de toutes les accusations portées contre lui à l'occasion du pouvoir qu'il a exercé en Picardie ; qu'il lui suffira de rectifier quelques erreurs. Or, le dernier mot du livre est celui-ci :

« En ce qui concerne sa position particulière en Picardie, le maréchal a été l'objet d'attaques pour la plupart injustes et passionnées. ) De cette appréciation à la réhabilitation il n'y a pas loin.

Il semblerait donc que notre collègue s'est montré trop indulgent dans les conclusions de son livre; en tous cas, nous ne pouvons

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