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du Soleil lorsqu'il paroît dan» , fout íòn éclat : il est certain que si Tramarine n'eût pas déjà participé à la divinité de son époux, elle n'eût jamais pû en soutenir l'éclat.

Sur ce Trône étoit aílis le Roi dés Ondins , qui tenoit dans fa main un trident , seul ornement de sa grandeur. A droite , étoient les premiers Officiers de la Couronne; à gauche, les belles Ondines qui faisoient l'ornenlenî de cette Cour. Le Génie Verdoyant s'étant approché du Trône avec la Princesse Tramarine, la présenta â sa Majesté Ondine, en la suppliant de lui accorder toutes les faveurs qu'elle s'éeeit acquises par ses vertus, son mérite 8c ses souffrances.

Cette jeune Princeílè , élevée dans la Mythologie des Payens , ne connoissoit point d'autre Religion , ni d'autres principes que ceux qu'elle avoit reçus. Persuadée qu'ello étoit en présence de Neptune, elle lui adressa ce discours: Grand Dieu ! Souverain des Ondes, dont l'empire commande à tout l'Univers .. . Arrêtez , Princeíle , dit le Roi en l'interrompant au milieu de sa période, je ne fuis point un Dieu , il est vrai que je jouis de l'immortáhté , mais je tiens toute ma puiffànce d'une feule Divinité que nous adorons tous, & qui est celle qui a forsné tout ce qui est dans l'Unívers; c'est par fa toute-puisfance que nous régnons fur les Ondes. Puis s'adreílànt à son fils, d'une voix qui fit trembler les voûtes de son Palais, & qui, en gonflant tout l'Océan , annonça une furieuse tempête: Comment, Prince; avez-vous osé me íurprendre , en faisant choix d'une Payenne pour la faire participer à l'immortalité par une union qui ne se peut plus rompre?

Le Prince Verdoyant qui s'apperçut queTramarine étoic interdite & tremblante, n'osant plus lever les yéux, dit au Roi des Ondins pour appaiíer fa colere : Seigneur, vous n'ignorez pas que l'Amour est un sentiment qui naît malgré nous & qui se nourrit par l'espérance. Cette paílion étend sa domination sur tout ce qui respire dans ce vaste Univers, son choix naît souvent du premier coup d'oeil ; l'Amour n'examine rien &C ne met aucune différence entre le cœur d'une Payenne & celui d'un Génie , tous deux brûlant d'un même feu ne cherchent qu'à le nourrir. II est vrai que je n'ai point examiné la croyance de la Princefle Tramarine ; ses malheurs m'ont touché, ses vertus, ses graces , ses. talens & sà beauté m'ont charmé , & je l'ai jugée digne d'un sort plus heureux. C'est par cette raison que j'ai cherché tous les

moyens pour l'affranchir du joug de la mort : mais, Seigneur, je puis vous répondre de sa docilité à écouter les instructions que vous voudrez bien lui faire donner, & qu'elle se soumettra sans murmure à toutes vos volontés. Tramarine, après avoir confirmé les paroles que le Prince Verdoyant venoit de donner à sa Majesté Ondine, ajouta u'elle promettoit de se conormer à tout ce que l'on voudroit exiger d'elle, persuadée qu'un Génie aussi éclairé ne chercheroit point à la surprendre. Le Roi parut content de sa réponse, & ordonna qu'elle fût conduite dans l'appartement qui lui étoit destiné.

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