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jours été éclairée fous les yeux de toute la Cour , de. se voir accusée injustement,

Tramarine fâchée d'avoir irrité la Fée contre elle , ôc jugeant, par le discours de Céliane, que l'affaire dont on l'accusoit étoit des plus graves , qu'elle auroit peut-être plus que jamais besoin du secours de la Fée, lui fit quelques excuses fur fa vivacité, en la priant de lui expliquer le crime dont on osoit la noircir ;< & Bonine jugeant, à l'ignorance de la Princeíse , qu'elle n'étoir point coupable, se radoucit en fa faveur & lui promit son secours, après lui avoir raconté ce qui s'étoit paísé , ôc la résolution où l'on étoit de la bannir de la Cour.

La Princeílè dont le cœur étoit pur , assura Bonine qu'elle n'avoit rien à se reprocher. Sans doute, dit-elle , que la Déeíle veut éprouver ma constance : je n'en saurois douter par les songes dont j'ai, été agitée dans ion Temple; il est encore vrai que-la figure dont je me fuis formé l'image , a toujours été depuis préfente à mon esprit. En vérité ma chere Tramarine, reprit la Fée , vous me surprenez infiniment. II faut aílurément que vous ayez l'imagination bien vive: n'aurez-vous point d'autres raisons à alléguer pour votre défense*? Non , dit Tramarine suffoquée par sa douleur , je n'ai rien autre chose à y ajouter : ce n'est point l'exil qui me fait de la peine, puisqu'il me délivre d'une Cour injuste, mais la honte des indignes soupçons qu'on a répandus dans tous les esprits. Je ne compte plus que fur vous, ma chere Bonine , & fur l'attachement de Céliane; votre amitié me tiendra lieu de toutes les grandeurs que je perds. Céliane ne put répondre que par des larmes. Qu'eut-elle dit qui pût adoucir les peines de Tramarine ? II n'y a que le tems qui puiílè effacer le souvenir des grandes douleurs; les conseils & toutes les consolations s'affoibliílènt contre les coups du fort , lorsqu'ils

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Jugement de Tramarine. .L E lendemain Tramarine fut conduite dans la Salle du · Conseil, pour y être interrogée. La Fée Bonine, qui ne la aitta plus, parla d'abord en † nom, & dit à l'Assemblée des Magiciennes, que la Princesse n'avoit point d'autre défense à alléguer, pour sa justification, que la force de l'imagination ; qu'elle proteste n'avoir jamais vû aucun des . mortels proscrits par la Loi depuis son entrée dans làsRoyauv]

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