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U charmante Tramarine; l'Estime &. 1'Amiciç qui vous ae-: compagnent, ne me font plus douter du bonheur dont vous jouissez.

II est vrai, dit le Génie , qu'avec votre secours ces deux Divinités se sont jointes à nous , afin de reflerrer les nœuds d'une union qui doit être éternelle; 8c mon premier objet, en vous visitant, est de vous en marquer ma reconnoiílance, & vous féliciter en même tems de l'heureux choix que vous avez fait de la charmante personne qui vous accompagne. -II est si rare de voir a l'Amour un sincere attachement, que , s'il étoit connu dans le monde , on le

prendroit actuellement pour un de ces phénomenes qui nc paroiflent que rarement, pour annoncer le bonheur des Humains. Cette grande victoire ii'étoit réservée qu'à la Princeíle Brillante qui , suivant toutes les apparences, ne doit plus craindre votre inconstance.

J'avoue , dit l'Amour, que depuis long-tems j'avois banni la Constance de ma Suite; mais, la trouvant inséparable de Brillante, j'ai reconnu que ce n'est qu'avec elle qu'on peut goûter le vrai bonheur, & ne puis plus m'en détacher. Quoi! repliqua Verdoyant , auriez-, vous abandonné pour toujours les Mortels ? Ils ne s'apperçoi

vent seulement, pas que^Q&s ai quittés, dit l'Amour; contens de l'ombre que je leur ai laissée , ils ne sçavent pas la distinguer d'avec moi. Pourquoi ? C'est que la plupart n'ont plus ni mœurs, ni vertus, ni íentimens : livrés à la brutalité, au changement & au dégoût , que feroient-ils d'un Dieu qu'ils méconnoiflent ? Je conviens cependant qu'il y en a qui méritent d'être distingués du vulgaire; aussi ceux-là sontils sous ma protection, & ce n'est plus qu'à eux que je veux départir mes faveurs les plus cheres.

Comment, dit le Génie en riant, depuis quand l'Amour a-t-il appris à moraliser •? C'est , wp/ioce Dieu , depuis que j'ai quitté mon bandeau. On s'en apperçoit aisément , dit lc Prince , au choix que vous avez fait de l'aimable Brillante; ô£ le plus grand éloge qu'on puiílè lui donner , est celui d'avoir fçu fixer l'Amour, par ses charmes. Mais , ditesmoi, avez vous aussi renoncé pour toujours à POlympe ?J'en . aurois grande envie , dit l'Amour; car rien n'est à prélent plus ennuyeux que ce séjour. Vous ne devez pas ignorer qu'une compagnie n'est amuíante , qu'autant qu'on y rencontre d'aimables femmes; 6c c'est ce qu'il est très-rare d'y trouver. La vieille Cybelle ne fait plus, que radoter; pour Junon, sa jalouíie la rend toujours de mauvaise humeur; Cérès sent trop sa Divinité de Province, & n'a point cet air élégant que donne la Cour; Minerve est sans cesse armée (corame un Don Quichotte, & toujours prête à combattre; Diane ne se plaît qu'à la chasse , & nous rompt la tête avec son cors : il est vrai qu'on ponrroit s'amuser & faire quelque petite partie avec ces deux Déesses; mais elles lont si farouches qu'on ne leur oíeroit dire un seul mot de galanterie. Hébé fait la petite sucrée de*puis qu'elle a cédé son emploi a Ganimede; les occupations de Pomone lui rendent les mains trop rudes, malgré tou

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